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lune hiver

ou comment bâtir une encyclopédie culturelle en collectionnant des postcards

L'Océan Pacifique est bleu de Prusse | 03 octobre 2008

Katsushika Hokusai, ou Hokusai tout court, était peintre, dessinateur spécialiste de l'ukiyo-e, graveur et auteur d'écrits populaires japonais. Son œuvre influença moulte artistes européens, en particulier Gauguin, Van Gogh, Claude Monet ou encore la sculptrice Camille Claudel, voire même le mouvement artistique appelé japonisme. Il signa parfois ses travaux, à partir de 1800, par la formule Gakyōjin, « le Fou de dessin ».

Hokusai est né en 1760 de parents inconnus. Il est adopté pendant sa jeune enfance par une famille d'artisans. Son père adoptif était fabricant de miroirs. Hokusai, alors appelé Tokitanō, montre déjà des aptitudes pour le dessin et une curiosité affirmée pour la peinture. Après avoir été apprenti dans un atelier de xylographie, il oriente son art vers l'ukiyo-e en intégrant en 1778 l'atelier du maître Katsukawa Shunsho, peintre d'estampes renommé. L'ukiyo-e, « images du monde flottant », désignait durant l'époque d'Edo l'art de l'estampe (gravure sur bois) et de la peinture populaire narrative. Tout d'abord considéré comme vulgaire par sa représentation de scènes du quotidien, ce genre aux débuts difficiles a davantage séduit les Occidentaux que le pays du Soleil bridé. Et preuve que l'art est un échange, Hokusai se laisse influencer par l'art occidental et découvre la perspective grâce à un artiste japonais, Shiba Kokan, qui fréquentait les Hollandais, alors seuls autorisés à amarrer à Nagasaki. A soixante ans, Hokusai se renomme Iitsu pour marquer sa transition vers un nouvel âge et consacra cette période à l'illustration de livres.

Datée de 1831, la série d'estampes Fugaku Sanjūrokkei, ou Trente-six vues du mont Fuji, dont La grande vague de Kanagawa est la première planche, lui vaut une reconnaissance mondiale au mérite incontestable. Comme celles qui ont suivi, cette série d'estampes brille d'originalité non seulement par l'habile utilisation du bleu de Prusse, alors nouvellement introduit au Japon, mais surtout par sa franche rupture avec la tradition de l'ukiyo-e.

Hokusai nous a quitté le 10 mai 1849. Ses cendres sont ensevelies au temple Keikiōji, dans le quartier populaire d'Asakusa, à Edo, où il avait passé la plus grosse part de sa vie. Hokusai aurait laissé derrière lui une œuvre de 30 000 dessins, ainsi que ces précieuses dernières paroles : « Encore cinq ans et je serais devenu un grand artiste. »

Publié par tienxia à 22:16:54 dans peintures | Commentaires (1) |

Et tu Frissonnerais Jack | 24 septembre 2008

Clélia Grillon est une jeune illustratrice de vingt-trois ans. Elle est originaire de Besançon, une petite ville d'une région du fromage, dans l'est de la France. Clélia, avec un peu de gouache et d'acrylique, donne rendez-vous aux angles anciens des années 1900 et aux couleurs de notre temps, pour célébrer la féminité.

                "Jack, regarde ce qu'Elle ferait de ton coeur. Jack Elle Viendrait avec un tracteur, une pelleteuse, un rateau un arrosoir et tout le Reste. Et son Secret Jack, son Secret. Ce Secret dont Elle n'a pas conscience mais qu'Elle seule pourtant Connaît. Le Secret de Savoir t'aimer Jack. Elle Saurait t'Aimer comme personne d'autre. Elle Viendrait dans ton coeur Jack. Elle Viendrait défricher tout ça. Et tu Frissonnerais Jack, tu Frissonnerais. Tu Frissonnerais d'amour. Comme lorsque tu as Froid d'hiver ou de solitude Jack, et que tu Donnes instinctivement le meilleur de toi-même pour combler ce Mensonge. Mais ce n'en est jamais un Jack. Ce n'en est jamais un. Ce n'est jamais un Mensonge. Et tu le Sais Jack, tu le Sais si bien. Mais l'amour Jack, celui-là, le Vrai, le doux le dur l'éternel l'invincible, l'inoubliable Jack, il t'Effraie un max hein. Hein Jack, qu'il t'Effraie cet amour auquel on ne peut Croire. Ce n'est pas du divin ça Jack. Ce n'est pas du divin. Elle ne te demanderait ni de t'Agenouiller sous ses Seins ni de Croire en Elle. Hein Jack. Elle ne te demanderait rien. Elle Viendrait devant toi, seule, nue. Elle prendrait tes mains et ton regard. Elle te révèlerait tout ce que tu ne Sais pas de toi-même Jack. Elle te le Dirait. Au Bord de ton oreille. Au Bord de ton coeur. Elle te Dirais qui tu es Jack. Elle te Dirais qui tu es..."

Publié par tienxia à 23:14:58 dans fantaisies | Commentaires (0) |

L'arrosoir de Dédé que Jesus n'a jamais vu | 13 septembre 2008

Un arrosoir est un récipient servant à transporter et déverser des liquides sur une zone ponctuelle. Il est constitué de plusieurs pièces en matériaux étanches (c'est mieux pour transporter des liquides) : un réservoir, une anse, un bec verseur et éventuellement une pomme, ou poire d'arrosage (alors que cela ne ressemble ni à une pomme ni à une poire) percée de multiples petits trous (pourquoi pas 'passoire' alors) permettant un arrosage plus diffus. Cette invention que personne n'a pu s'attribuer (... Dédé ! Je sais que c'est toi !!) remonte dit-on au XIIIème siècle de notre ère. Le saint doux Jesus n'a donc jamais vu un arrosoir de sa vie. Oô. Depuis son invention de l'eau a coulé sous les ponts (et dans les becs des arrosoirs) et cet outil originellement conçu pour arroser les plantes et petits jardins a désormais beaucoup d'autres rôles. Il peut servir à déverser des produits de traitement des sols ou des plantes, ou de l'eau mais dans d'autres domaines que le jardinage, comme la maçonnerie, et est aussi paraît-il un excellent sex-toy.

Cette collection présente des arrosoirs datés du XVIIIème au XXème siècle et sont pour la plupart constitués de cuivre.

Les plantes préfèrent un arrosage abondant à plusieurs légers. Que vous arrosiez avec de l'eau de pluie ou du robinet, laissez la auparavant se reposer jusqu'à ce qu'elle soit à température ambiante. Pour cela il suffit de remplir votre arrosoir dès après l'avoir vidé. Pour un arrosage diffus n'oubliez pas d'utiliser une pomme (ou poire... Après réflexion, au XIIIème siècle, il n'y avait peut-être rien qui ressemblait plus à cette pièce que les pommes et les poires. Pas de passoire ?.. J'en doute. Et puis quand même, ce ne serait pas une excuse), et pour l'arrosage le plus diffus possible pensez à la retourner vers le ciel. Arrosez le soir ou à l'aurore, car la nuit refroidit l'eau et le jour contribue à son évaporation, brûle les tissus épidermiques et provoque le dessèchement de la plante, car au lieu d'ouvrir ses stomates pour recevoir l'eau que vous lui offrez elle devrait les fermer afin d'éviter de transpirer. Aussi ne travaillez pas un sol qui vient d'être copieusement arrosé, vous détruiriez sa structure.
Pour utiliser des produits de traitement, conformez-vous à leurs notices, en particulier en ce qui concerne le port de gants de protection ou la dilution des agents actifs.
Si vous vous demandez dans quel sens tourner votre arrosoir pour qu'il devienne votre sex-toy préféré, adressez-vous directement à Dédé, il vous expliquera mieux que moi.

Publié par tienxia à 18:10:31 dans séries B | Commentaires (2) |

Voici l'arme | 06 septembre 2008

René Char, poète et résistant français. René Char.

 

"Le boulanger n'avait pas encore dégrafé les rideaux de fer de sa boutique que déjà le village était assiégé, bâillonné, hypnotisé, mis dans l'impossibilité de bouger. Deux compagnies de S.S. et un détachement de miliciens le tenaient sous la gueule de leurs mitrailleuses et de leurs mortiers. Alors commença l'épreuve.

Les habitants furent jetés hors des maisons et sommés de se rassembler sur la place centrale. Les clés sur les portes. Un vieux, dur d'oreille, qui ne tenait pas compte assez vite de l'ordre, vit les quatre murs et le toit de sa grange voler en morceaux sous l'effet d'une bombe. Depuis quatre heures j'étais éveillé. Marcelle était venue à mon volet me chuchoter l'alerte. J'avais reconnu immédiatement l'inutilité d'essayer de franchir le cordon de surveillance et de gagner la campagne. Je changeai rapidement de logis. La maison inhabitée où je me réfugiai autorisait, à toute extrémité, une résistance armée efficace. Je pouvais suivre de la fenêtre, derrière les rideaux jaunis, les allées et venues nerveuses des occupants. Pas un des miens n'était présent au village. Cette pensée me rassura. À quelques kilomètres de là, ils suivraient mes consignes et resteraient tapis. Des coups me parvenaient, ponctués d'injures. Les S.S. avaient surpris un jeune maçon qui revenait de relever des collets. Sa frayeur le désigna à leurs tortures. Une voix se penchait hurlante sur le corps tuméfié : « Où est-il? Conduis-nous », suivie de silence. Et coups de pied et coups de crosse de pleuvoir. Une rage insensée s'empara de moi, chassa mon angoisse. Mes mains communiquaient à mon arme leur sueur crispée, exaltaient sa puissance contenue. Je calculais que le malheureux se tairait encore cinq minutes, puis, fatalement, il parlerait. J'eus honte de souhaiter sa mort avant cette échéance. Alors apparut jaillissant de chaque rue la marée des femmes, des enfants, des vieillards, se rendant au lieu de rassemblement, suivant un plan concerté. Ils se hâtaient sans hâte, ruisselant littéralement sur les S.S., les paralysant « en toute bonne foi ». Le maçon fut laissé pour mort. Furieuse, la patrouille se fraya un chemin à travers la foule et porta ses pas plus loin. Avec une prudence infinie, maintenant des yeux anxieux et bons regardaient dans ma direction, passaient comme un jet de lampe sur ma fenêtre. Je me découvris à moitié et un sourire se détacha de ma pâleur. Je tenais à ces êtres par mille fils confiants dont pas un ne devait se rompre.

J'ai aimé farouchement mes semblables cette journée-là, bien au-delà du sacrifice."

René Char, 1948, Fureur et Mystère, "Feuillets d'Hypnos - Fragment 128".

 

Ce portrait est le premier d'une série de quatre, peinte (?) par Martin Lavergne alias Moogly à l'occasion du centenaire de la naissance du grand homme. Cet évènement a été mis en lumière l'an dernier par l'association Poésie en liberté, dont je vous reparlerai très prochainement, qui a choisi René pour "poète de l'année 2007" et dédié un site à cet anniversaire, sur lequel vous trouverez les trois autres portraits ainsi que la présente ecard .

Moogly illustrateur, Moogly designer, Moogly ivre de la jungle. Moogly. A la question du choix de cet alias, le bonhomme se passera d'abord la main dans une barbe de deux mois, puis, après un long silence ponctué de "mouais" et de froncements de sourcils, vous répondra que c'est pour son amour des plantes vertes, du reggae et des poils que ses amis l'auraient surnommé ainsi. Cela révèle un caractère enfantin, trempé de naïveté, que l'on retrouve dans ses travaux. Martin Lavergne, digne héritier de Ralph Steadman, le génie caricaturiste fantastique de sa majesté, aurait pu être braconnier. Ses armes ? Encre et craies écrasées... pour capturer dans chaque recoin de son esprit les animaux les plus déjantés ayant jamais existé. Eléphant orange, moustique bleu, galopard... Ses couleurs sont vives, pétardes, vous explosent à l'oeil comme un marché aux épices antillais et évoquent les premiers pas du garçon sur l'île de Madagascar, en 1981. (Présentation inspirée du propos de Nicolas Seguin.)

 

"Toute vie qui doit poindre
achève un blessé.
Voici l'arme,
rien,
moi,
ce livre,
et l'énigme qu'à votre tour vous deviendrez dans le caprice amer des sables."

René Char, 1950, Les Matinaux, "Toute vie".

Publié par tienxia à 22:09:59 dans évènements | Commentaires (0) |

Le côté obscur de l'art(ifice) | 04 septembre 2008

C'était cette carte que je désirais pour première de ce nouveaux projet, tant je suis sûr que de toute mon actuelle collection c'est celle qui le représente le mieux. My postcard world. Mais ô diables ô démons, si tranchante fut l'horrifiante inscription sur son dos... J'ai le déshonneur de vous annoncer que cette carte comme on en trouve trop peu est un exemplaire publicitaire. Sur le côté obscur de l'art(ifice), aucune date, aucune signature sinon le monstrueux logo de 'msn movies' et le célèbre petit papillon quadricolore de Bill. (En passant je vous invite à faire le lien entre 'Gates' et 'Windows', avec un dictionnaire bilingue éventuellement.) Je n'ai pas envie ni vous écrire le roman de vie du fameux msn, ni faire l'éloge d'un objet publicitaire -même si derrière cette âpre odeur de mondialisation se cache possiblement un artiste qui a peut-être reçu un (gros ?) chèque pour que je ne puisse vous révéler son nom ce soir-, et je n'ai pas non plus envie de chercher l'envie de cracher dessus. Alors ce n'est pas ce soir que je vais vous apprendre l'inoubliable... Par contre je peux vous raconter que cette carte m'est tombée du ciel. Si si, parce qu'elle est arrivée "by air mail" de Birmingham, dans une enveloppe pleine d'attention véritable...

                ... Arf si quand même. Je ferai ma petite enquête, elle m'intrigue cette carte. Ma collection et mes économies sur le tapis que je trouverai quelque chose... Affaire à suivre.

Publié par tienxia à 21:07:49 dans ************ | Commentaires (0) |

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lune hiver

Rassembler ce qui devenait soudainement ma collection et dès lors la nourrir d'un amour avoué, dans l'honnête et simple but de la partager.

De toutes les sortes, de toutes les époques et de tous les continents, des peintures des photographies, célèbres incontournables ou pas du tout, des affiches de publicité pour des évènement plus ou moins locaux, des cartes touristiques, stupides, vaines... De quoi faire le tour du monde, des civilisations, des cultures et du reste,
sinon presque.



Mais je n'en trouve plus le temps. Follow me- myspace.com/tienxia

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